Vous êtes ici : Accueil > Collections > Extraction d'une pirogue carolingienne

Extraction d'une pirogue carolingienne

EXTRACTION D'UNE PIROGUE CAROLINGIENNE

Une découverte exceptionnelle !

 

Dans le cadre du projet de rénovation du Musée Savoisien, le Conseil départemental de la Savoie et l’État ont convenu d’extraire une pirogue carolingienne aujourd’hui immergée dans le lac du Bourget, à la pointe de l’Ardre (Brison-Saint-Innocent).


Rare exemplaire répertorié pour le haut Moyen Âge en France, cette pirogue présente un grand intérêt historique et scientifique. Peu d’embarcations ont été trouvées dans les lacs alpins dans un si bel état de conservation.


Pour que cette pirogue rejoigne les collections et soit présentée au public dans le futur parcours de visite, le Musée Savoisien s’est donc rapproché du Service Régional de l’archéologie et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) du ministère de la Culture. 
Ces trois services ont réuni leurs forces et réussi à extraire cette pirogue le 28 juin, après 10 jours de préparation.


Une véritable aventure !

Extraction de la pirogue carolingienne le jeudi 28 juin 2017

 

POURQUOI UNE OPÉRATION D’EXTRACTION DES EAUX DU LAC ?

ENRICHIR LES COLLECTIONS MÉDIEVALES DU MUSÉE SAVOISIEN

La pirogue carolingienne de la Pointe de l'Ardre sur la commune de Brison-Saint-Innocent a été découverte au fond du lac du Bourget en 1989 par deux plongeurs sportifs. Elle est localisée à 130 m  de la rive et  à -32 m de fond sur une pente, dans des eaux où la visibilité est très mauvaise, (de l’ordre du mètre), due à l’absence de lumière et aux sédiments omniprésents.


En 2002, des archéologues ont lancé une campagne de sondages et de relevés afin de déterminer si cette embarcation avait un intérêt historique et scientifique. Elle a été étudiée par Yves Billaud, ingénieur de recherche au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). 
Par la suite, il fera part de l’existence de cette pirogue immergée : le Musée Savoisien voit alors l’opportunité de combler une période lacunaire de ses collections.


En juin 2016, une nouvelle plongée de reconnaissance atteste que la pirogue ne paraît pas avoir subi de dégradations depuis l'opération de 2002. Il devient dès lors possible d’envisager son extraction des eaux.


Les collections médiévales du musée sont constituées d’ensembles remarquables, mais peu nombreux. Parmi ces objets médiévaux conservés par le Musée Savoisien, très peu sont relatifs au haut Moyen Âge. La présence d’une pirogue carolingienne dans le lac du Bourget montre que celui-ci était toujours fréquenté. Le très petit nombre de vestiges de cette période en Savoie renforce le caractère exceptionnel de cette découverte. Par ailleurs, il n’existe, en France, qu’une pirogue monoxyle carolingienne présentée dans un musée, à Nemours. 


CONTRIBUER ÀL’AVANCÉE DES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES ET HISTORIQUES

L’usage précis de cette embarcation n’est pas déterminé actuellement : elle a visiblement été abandonnée sur place après avoir été délestée de son chargement et de son équipement. Était-elle un moyen de transport ? Une embarcation de pêche ? Les éléments actuels ne permettent pas encore de trancher.


PARTAGER CETTE DÉCOUVERTE AVEC LE PUBLIC

Cette pirogue sera exposée dans le parcours de visite du musée rénové. Son intérêt scientifique et historique, sa grande taille, ce qu’elle raconte de la vie sur le lac motivent également ce choix muséographique. Un film présentant les conditions de sa sortie et les résultats de son étude accompagnera cette présentation.

PORTRAIT EXPRESS DE LA PIROGUE

  • Probablement du 9e siècle
  • Longueur : 5,60 m
  • Largeur : environ 1 m
  • Poids estimé : entre 450 et 500 kg
  • Chêne
  • Monoxyle (taillée dans un seul morceau de bois)

UNE OPÉRATION D’ARCHÉOLOGIE SUBAQUATIQUE MINUTIEUSE

Après de nombreuses démarches administratives avec les services archéologiques de l’État, l’autorisation de prélèvement de la pirogue a été donnée. Le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) a conduit cette opération archéologique délicate sous la direction d’Yves Billaud, ingénieur de recherche responsable de la cellule "eaux intérieures".


Pas moins de 10 jours de travail ont été nécessaires aux plongeurs pour extraire ce vestige carolingien : environ une semaine consacrée à la préparation du relevage (implantation des balises, dégagement des vestiges, remontée sur un replat) et une semaine pour la sortie de l’eau elle-même (mise en place du châssis, protection de la pirogue, remontée, remorquage). Les conditions de plongée, à cette profondeur, imposent des durées et un nombre de plongées journalières limités.


Des conditions météorologiques très calmes étaient impératives pour éviter que les clapots n’endommagent la pirogue à sa sortie de l’eau et surtout lors de sa traction jusqu’à la rive.

DEUX ANS DE RESTAURATION EN LABORATOIRE SPÉCIALISÉ

Si la pirogue semble bien conservée au fond du lac, il s’agit de maintenir, voire de consolider son état après extraction. En effet, cette embarcation gorgée d’eau et de micro-organismes au fil des siècles, présente un risque majeur de dégradations une fois sortie de l’eau. Le bois archéologique gorgé d’eau perd en effet ses propriétés habituelles : son état est proche d’une éponge gorgée d’eau dont le séchage induirait une déformation irréversible.


Le séchage à l’air libre n’est donc pas envisageable. Il est nécessaire de faire appel à des spécialistes pour envisager les meilleures conditions possibles de conservation de l’embarcation.


Un seul laboratoire en Europe : ARC-Nucléart

Le laboratoire ARC-Nucléart du CEA à Grenoble, spécialiste en conservation – restauration des matériaux organiques poreux aura la charge de la pirogue dès sa sortie de l’eau jusqu’à sa restauration totale. En effet, il est le seul en Europe équipé d’un lyophilisateur adapté aux dimensions de ce vestige et capable de mener cette intervention dans le temps nécessaire à sa présentation au public fin 2019 : 19 mois de traitement vont en effet s’avérer indispensables.


Un traitement spécifique

Le traitement consiste à remplacer l’eau contenue dans le bois par de la résine liquide, qui est ensuite durcie par rayonnement gamma. La restauration vise ensuite à consolider les parties fragilisées et à harmoniser son aspect de surface. ARC-Nucléart fournira également un socle de présentation permettant d’assurer sa stabilité. La pirogue pourra alors revenir à Chambéry pour être installée dans le musée en cours de rénovation.


Une course contre la montre

L’étape finale consistera à faire rentrer l’embarcation dans sa future salle d’exposition au deuxième étage du Musée Savoisien. L’enjeu des délais de la restauration est de taille car au vu de ses dimensions, la pirogue doit impérativement être installée avant l’achèvement du gros œuvre : les portes et fenêtres actuelles sont probablement de dimensions insuffisantes pour en permettre son passage. Elles pourraient temporairement devoir être élargies.

LES ACTEURS DU PROJET

  • Musée Savoisien, service du Conseil départemental de la Savoie
  • Service Régional de l’Archéologie Auvergne Rhône-Alpes de la DRAC
  • Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM/ministère de la Culture)
  • ARC-Nucléart (CEA - Commissariat à l’énergie atomique et aux  énergies alternatives)
  • Club de plongée de Chambéry GSRL (Groupe de sauvetage et de recherches lacustres)
  • Capitainerie d’Aix-les-Bains, Grand Lac

ACTUALITES

Chantier des collections

Ouvrir en grand

Pour tout savoir : ce que c'est, où ça en est etc...

Clic ICI

Nouveau numéro pour le standard

Ouvrir en grand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour nous joindre, composez le

04 56 42 43 43

J'aime mon musée !

Ouvrir en grand

 

 

Suivez nous sur facebook.

 

Likez, partagez, commentez, venez aimer votre musée !